Mémoire | Projet Alto : réseau de trains à grande vitesse Québec-Toronto

Le 24 avril 2026 – Le RNCREQ a déposé un mémoire à Alto et au consortium Cadence au sujet du nouveau cadre réglementaire agricole et du projet de règlement sur les pratiques agroenvironnementales.Le RNCREQ souligne l’opportunité qu’offre le TGV Québec-Toronto de décarboner les transports et renforcer la souveraineté énergétique québécoise. Le document contient vingt recommandations, notamment pour privilégier une approche plus efficace avec un train grande fréquence sur le tronçon Montréal-Québec, la préservation des milieux sensibles, une intégration aux réseaux de transports en commun existants, des gares situées au centre-ville, et une gestion équitable des impacts sociaux et environnementaux.

Contexte

Une consultation publique est actuellement menée pour déterminer le tracé d’une future ligne de train à grande vitesse (TGV) reliant les principales villes du corridor Québec–Toronto (Québec, Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto), alimentée par des réseaux électriques à faibles émissions au Québec et en Ontario. Ce projet, mené en partenariat public-privé, associe Alto (une société d’État fédérale responsable de la stratégie et de la supervision) et Cadence (un consortium international dirigé par des entreprises canadiennes, dont CDPQ Infra, AtkinsRéalis et Keolis Canada).  Le projet final doit couvrir un corridor de près de 1 000 km.

Voici le calendrier du projet, tel qu’il a été présenté durant les séances d’information : 

  • 2023 – 2024 : Phase de prédéveloppement
  • Janvier à avril 2026 : Consultations publiques sur le corridor du projet
  • 2029-2030 (approx.) : fin des étapes préalables à la construction jusqu’à l’entente de financement 
  • 2037 : Mise en service du segment Ottawa-Montréal 
  • Entre 2045 et 2050 : Mise en service du projet complet avec réalisation en parallèles des segments Toronto-Ottawa et Montréal-Québec.
 
La partie de la consultation actuellement en cours vise à identifier un tracé préférentiel qui sera à nouveau soumis à consultation.

Dans ce mémoire, le RNCREQ présente ses observations sur la portion québécoise du tracé, en mettant l’accent sur la maximisation des retombées positives pour la société québécoise et la minimisation de ses impacts environnementaux.

Plan du mémoire sur le projet Alto : réseau de trains à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto

1. Le « pourquoi » du projet 
1.1 Offre de TC interurbains 
1.1.1 Préoccupation concernant le financement 
1.2 Bilan énergétique et carbone 
1.2.1 Souveraineté énergétique du Québec 


2. Le « comment » du projet 
2.1 Précisions sur les données 
2.2 Les avantages d’un TGF sur le tronçon Montréal-Trois-Rivières-Québec 
2.3 Une complémentarité aux transports en commun 
2.3.1 Des gares aux centres-villes 
2.3.2 le tronçon Montréal-Laval 
2.4 Préservation de la biodiversité et des écosystèmes 
2.4.1 Dans le tracé
2.4.2 Aménagement 
2.5 Diminuer l’impact social 

Récapitulatif des recommandations

Recommandation 1
Arrimer le TGV aux réseaux de transport collectif existants pour augmenter le nombre de personnes qui pourront en bénéficier grâce à une meilleure connexion interurbaine dans la vallée du Saint-Laurent.

Recommandation 2
S’assurer que le projet permettra un gain climatique net en réalisant une analyse complète du cycle de vie pour évaluer rigoureusement les GES générés par l’infrastructure (construction, matériaux, matières résiduelles, pertes de puits de carbone, etc.) par rapport aux GES évités.

Recommandation 3
Intégrer systématiquement une analyse des impacts cumulatifs et des mesures de compensation écologique à l’échelle territoriale dans la planification des projets de TGV, afin d’assurer une cohérence entre les initiatives et de garantir une compensation écologique réelle et équivalente.

Recommandation 4
Annoncer tôt dans le processus les besoins énergétiques du projet et d’en optimiser l’arrimage avec le réseau de distribution d’Hydro-Québec. 

Recommandation 5
Considérer un train à grande fréquence (TGF) sur le tronçon Montréal – Trois-Rivières – Québec, en utilisant l’emprise actuellement présente sur ce territoire. 

Recommandation 6
Sur le réseau utilisé par le TGF, revoir la préséance des trains de marchandise sur les trains passagers afin de donner la priorité aux passagers, et ainsi contribuer à un service de transport en commun fiable et rapide. 

Recommandation 7
Privilégier l’installation des gares de TGV dans les centres-villes. 

Recommandation 8
Assurer la connectivité des gares aux transports en commun. 

Recommandation 9
Pour favoriser la mobilité active, prévoir : 

  • Des aménagements sécuritaire et conviviaux pour le transport actif (piétons et cyclistes) aux abords des gares ; 
  • Une connexion suffisante avec le réseau cyclable municipal/régional ; 
  • Une offre suffisante de stationnement pour vélos, incluant des stationnements sécurisés permettant aux cyclistes de laisser leurs vélos pendant des périodes étendues sans risque de vol ; 
  • Des stations de vélopartage en gare, localisées à des emplacements préférentiels pour les cyclistes; 
  • Le respect des principes d’accessibilité universelle.
 

Recommandation 10
Assurer la perméabilité des gares et des rails à la mobilité active. 

Recommandation 11
Réévaluer la pertinence du tronçon Laval-Montréal-Laval, notamment en évaluant la possibilité de ne conserver qu’une gare et de faire en sorte que les investissements pour le nouveau corridor montréalais puissent aussi bénéficier au développement du transport collectif urbain. 

Recommandation 12
Que le tracé prenne en compte les milieux sensibles et la connectivité écologique. 

Recommandation 13
Mettre en place tous les moyens nécessaires pour contrôler la propagation des EEE durant les travaux et limiter leur dispersion entre le Québec et l’Ontario, tels que : 

La détection et le contrôle des 66 espèces listées par le gouvernement du Québec. 

La prise en compte des Stratégies régionales de lutte contre les EEE floristiques pour assurer la concordance du projet Alto avec les priorités de luttes aux EEE sur les territoires qu’il traverse.  

Recommandation 14
Aménager des passages fauniques partout où ils seront nécessaires.

Recommandation 15
Prévoir des passages spécifiques pour les producteurs agricoles.

Recommandation 16
Recourir au génie végétal et à des matériaux perméables pour assurer une gestion optimale des eaux pluviales dans les gares et stationnements. 

Recommandation 17
Créer des haies le long de la nouvelle emprise ferroviaire.

Recommandation 18
Privilégier l’utilisation d’emprises ferroviaires existantes et d’encadrer strictement le recours à l’expropriation, afin de minimiser les impacts sociaux sur les communautés et de réduire les délais de réalisation.

Recommandation 19
Éviter de fragmenter les terres agricoles autant que possible.

Recommandation 20
Mettre en place un mécanisme de compensation équitable et rigoureux pour les propriétaires expropriés et ceux dont le bien perdra de la valeur.

Conclusion

Le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto représente une opportunité majeure pour le Québec d’améliorer sa mobilité interurbaine, de réduire l’empreinte carbone de ses transports et de renforcer sa souveraineté énergétique.

Pour que ce projet soit véritablement bénéfique à la société québécoise et qu’il offre une alternative crédible à l’avion et à l’auto, il doit s’inscrire dans une vision globale de décarbonation des transports, en structurant un réseau de transport collectif performant, accessible et complémentaire aux infrastructures existantes.

Afin de ne pas sous-estimer les impacts environnementaux et sociaux du projet, il faut évaluer rigoureusement les émissions liées à la construction, les impacts cumulatifs sur les milieux naturels et gérer de façon responsable les ressources énergétiques. Le tracé doit impérativement éviter les milieux sensibles, préserver la connectivité écologique et intégrer des aménagements tels que des passages fauniques, des haies écologiques et des infrastructures de gestion des eaux pluviales. 

L’utilisation des emprises ferroviaires existantes, le déploiement d’un train à grande fréquence (TGF) sur le tronçon Montréal-Québec et la mise en place des mécanismes de compensation équitables pour les communautés et les propriétaires affectés pourraient réduire les coûts, accélérer la mise en service et contribuer à limiter les impacts sociaux et environnementaux.

Enfin, une préoccupation majeure persiste : le risque que ce projet accapare une part disproportionnée des fonds publics dédiés aux transports collectifs pour les décennies à venir, au détriment d’autres initiatives tout aussi cruciales. 

Pour éviter cet effet pervers, il est impératif que le TGV s’inscrive dans une stratégie équilibrée, où chaque dollar investi contribue à maximiser les retombées sociales, économiques et environnementales pour l’ensemble de la population québécoise. 

Le RNCREQ réitère sa volonté de collaborer activement avec Alto et les parties prenantes pour s’assurer que ce projet soit vecteur de progrès durable, au service des générations présentes et futures.

En savoir plus

 Alto. 2026. Site internet présentant les consultations.

Radio Canada. 2026. Article décrivant le projet tel que présenté en janvier 2026.

Trajectoire Québec. 2026. Mémoire sur le projet Alto de train à grande vitesse.

Équiterre. 2026. Mémoire sur le projet Alto de train à grande vitesse.

 

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Mots clés : tgv, tgf, train à grande fréquence, souveraineté énergétique, propagation d’espèces exotiques envahissantes, passages fauniques, décarbonation des transports

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