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Mémoire | Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques ( PGIRE )

Le 12 février 2026 – Le RNCREQ a déposé un mémoire au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie au sujet du Rapport préliminaire en vue de l’établissement du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE). Le document contient seize recommandations notamment pour mettre la sobriété énergétique au cœur du PGIRE, et de l’arrimer avec la protection de la biodiversité, l’économie circulaire et une future politique industrielle. Le Regroupement préconise de généraliser les plans régionaux de transition énergétique et de privilégier un mix d’énergies renouvelables, ainsi que de rejeter le nucléaire et de restreindre l’hydrogène aux secteurs sans autre alternative.

En bas de page, vous trouverez notre intervention à la Régie de l’énergie.

Contexte

La consultation publique en cours s’inscrit dans la continuité du chantier lancé par le gouvernement en 2025 avec la tournée Vision Énergie et la consultation sur le projet de loi 69 (Loi sur l’énergie), auxquelles le RNCREQ a contribué. Elle porte sur le Rapport préliminaire (ci-après Rapport), qui résume les conclusions de la tournée, et s’adresse au public et aux communautés autochtones. Cette étape est la dernière phase participative avant l’adoption définitive du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE). Le Rapport a également été soumis à la Régie de l’Énergie pour un avis technique.

Le PGIRE, dont le dépôt final est prévu au plus tard le 1er avril 2026, définira la trajectoire énergétique officielle du Québec. L’avis technique de la Régie de l’énergie est attendu pour cette même échéance.

Selon ce Rapport, le PGIRE s’appuiera sur les cinq principes directeurs suivants :
1. Décarboner l’économie : Rechercher les trajectoires énergétiques optimales permettant d’atteindre les objectifs climatiques du Québec
2. Sécurité et résilience énergétiques : Faire de la diversification du bouquet énergétique et du développement de nouvelles infrastructures des priorités.
3. Efficacité et sobriété énergétique : Considérer la réduction de l’intensité énergétique des secteurs de consommation et l’adoption de modes de vie plus sobres en énergie.
4. Acceptabilité sociale : Appuyer la définition des trajectoires énergétiques par une démarche de participation inclusive et transparente permettant aux citoyens, aux communautés autochtones, aux municipalités, aux acteurs économiques et aux autres parties prenantes de contribuer à la réflexion.
5. Complémentarité des filières et innovation : Miser sur la complémentarité des sources d’énergie renouvelables et des technologies émergentes.

Le RNCREQ suit avec beaucoup d’attention l’évolution de la politique énergétique québécoise et s’est prononcé à de nombreuses fois sur ces enjeux dans le cadre de consultations publiques et de son mandat à la Régie de l’énergie. Les recommandations présentées dans ce mémoire s’appuient sur nos positions historiques concernant la sobriété, l’arrimage de la politique énergétique avec les enjeux environnementaux, l’importance de travailler à l’échelle des territoires régionaux et les modes de production à privilégier.

Plan du mémoire sur le le Rapport préliminaire en vue de l’établissement du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE)

1. Mettre la sobriété au coeur du PGIRE 
1.1 La sobriété, la première étape essentielle 
1.2 Sobriété des transports 

2. Arrimage du PGIRE avec d’autres politiques gouvernementales 
2.1 Protection de la biodiversité 
2.2 Aménagement du territoire et architecture 
2.3 Circularité de l’économie 
2.4 Politique industrielle 

3. Dimension régionale et aménagement : l’impératif d’une déclinaison territoriale du PGIRE 

4. Scénarios de production 
4.1. Développement des énergies renouvelables décentralisées 
4.2 L’hydrogène

Récapitulatif des recommandations

Recommandation 1
Faire de la «sobriété et l’efficacité énergétique» le premier principe directeur du PGIRE.

Recommandation 2
Prioriser la sobriété et l’efficacité énergétiques dans les scénarios de consommation présentés dans le PGIRE, et de rendre leur atteinte mesurable via des cibles et des indicateurs.

Recommandation 3
Le RNCREQ recommande :
– D’inverser le ratio de 70 % – 30 % des investissements dans le réseau routier et ceux dans le transport collectif.
– De mettre en œuvre la Politique de mobilité durable, qui accuse beaucoup de retard, et de financer adéquatement les transports en commun.

Recommandation 4
Arrimer le PGIRE avec le Plan nature.

Recommandation 5
Arrimer PGIRE avec la planification territoriale afin d’intégrer les enjeux énergétiques dans les processus d’aménagement du territoire et les programmes de transition locale.

Recommandation 6
Arrimer le PGIRE avec la Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire.

Recommandation 7
Arrimer le PGIRE avec la Feuille de route gouvernementale en économie circulaire.

Recommandation 8
Adopter une politique industrielle structurée incluant :
– Des critères stricts de sobriété et d’efficacité énergétique pour l’implantation des entreprises ;
– La priorisation des projets en fonction de leur impact énergétique et de leurs retombées socio-économiques ;
– L’optimisation des réseaux de chaleur.

Recommandation 9
Implanter dans toutes les régions du Québec un Plan de transition énergétique territorial à l’instar de celui de l’Outaouais.

Recommandation 10
La prise en compte des des Plans de transition énergétique territoriaux dans la démarche en sobriété et efficacité énergétique du PGIRE.

Recommandation 11
Que le gouvernement augmente le financement des Plans de transition énergétique territoriaux afin d’optimiser la démarche en efficacité et sobriété énergétique du PGIRE.

Recommandation 12
Privilégier le scénario 3 et y intégrer davantage de décentralisation de la production.

Recommandation 13
Rejeter fermement l’option nucléaire.

Recommandation 14
Restreindre le recours à l’hydrogène “vert” aux usages où aucune alternative n’existe, notamment :
– La substitution à l’hydrogène gris dans les procédés industriels, uniquement en l’absence d’alternatives électriques ou bioénergétiques ;
– Les secteurs des transports maritime et aérien, difficiles à électrifier.

Recommandation 15
Exclure l’injection d’hydrogène dans les réseaux gaziers pour des usages domestiques ou commerciaux en raison de son inefficacité énergétique et de son coût d’opportunité élevé.

Recommandation 16
Prioriser les bioénergies par rapport à l’hydrogène, et considérer l’hydrogène non pas comme une filière parallèle, mais comme un complément aux bioénergies, afin d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles.

Conclusion

Le présent mémoire a mis en lumière les lacunes et les opportunités présentées dans le Rapport préliminaire au PGIRE, dont la version finale sera déterminante pour l’avenir énergétique, économique et environnemental du Québec.

Le RNCREQ rappelle que le PGIRE ne saurait se limiter à un exercice technique ou économique : il doit incarner une vision collective et inclusive de la transition énergétique, au service des citoyen-nes, des communautés autochtones et des générations futures. Pour ce faire, le gouvernement doit garantir un processus de consultation transparent et participatif, intégrant pleinement les voix régionales et les expertises locales, et s’assurer que les choix énergétiques reflètent les valeurs de justice sociale, d’équité et de préservation écologique portées par la société québécoise.

À l’aube de la finalisation du PGIRE, le RNCREQ appelle à un changement de cap : celui d’un plan qui ne se contente pas de gérer l’offre et la demande énergétiques, mais qui oriente résolument le Québec vers une sobriété ambitieuse, une circularité accrue et une gouvernance territoriale renforcée. Un tel PGIRE serait non seulement un levier de décarbonation, mais aussi un instrument de cohésion sociale, de prospérité durable et d’autonomie énergétique nationale capable de répondre aux défis climatiques tout en améliorant la qualité de vie de l’ensemble de la population québécoise.

Intervention à la Régie de l'énergie

Le présent document présente les observations du RNCREQ concernant l’élaboration du futur plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE). Avis déposé à la Régie de l’énergie le 20 février 2026.

L’organisme estime que le cadre juridique et l’échéancier, combinés à l’absence de données consolidées et de scénarios définitifs, privent la Régie des éléments nécessaires pour exercer pleinement son rôle d’analyse et d’avis indépendant.

Le mémoire souligne que la planification privilégie trop les infrastructures centralisées au détriment de la sobriété énergétique et de la production décentralisée, comme le solaire distribué. Le RNCREQ recommande d’intégrer davantage de ressources locales pour renforcer la résilience du réseau face aux aléas climatiques. Enfin, il avertit que des investissements massifs basés sur des prévisions de demande incertaines pourraient entraîner des hausses tarifaires préjudiciables. 

En savoir plus

Gouvernement du Québec. Vision énergie, démarche participative.

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Mots clés : PGIRE, Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, Transition énergétique, Sobriété énergétique, Planification énergétique, autonomie énergétique, énergies renouvelables, production énergétique décentralisée, plans régionaux de transition énergétique.