Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

Les îles comme laboratoires de la transition énergétique

C’est dimanche dernier que s’est terminée la mission d’une semaine en France sur le thème de la transition énergétique et écologique à laquelle a participé une délégation des Îles-de-la-Madeleine. Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) et l’Association Les îles du Ponant (AIP), promoteurs de cette initiative, se réjouissent des liens de coopération qui ont été tissés. Ils entrevoient déjà de nouvelles collaborations dès l’année prochaine.

Alors que les consultations sur la transition énergétique battent leur plein au Québec, une délégation de décideurs madeliniens – dont le maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine et président de la Communauté maritime, Jonathan Lapierre, et le directeur de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Gilbert Scantland – est allée en mission dans les territoires insulaires français engagés dans une démarche de transition énergétique. En effet, les îles sont confrontées à des problématiques spécifiques en raison de leur éloignement et de leur isolement du reste du continent : dépendance énergétique (approvisionnement et production), gestion des matières résiduelles, protection de la biodiversité et agriculture – pour ne citer qu’elles. Répondre adéquatement à ces probléma-tiques est un enjeu majeur pour le maintien de la qualité de vie des communautés et pour la gestion efficace des ressources de leurs territoires.

« De nombreuses démarches de transition énergétique émergent en milieu insulaire, explique Vincent Moreau, directeur du RNCREQ. Nous croyons qu’il est très pertinent de créer des ponts entre ces territoires. En fait, les îles en France et au Québec sont de véritables laboratoires de la transition énergétique et écologique. Les défis auxquels elles font face semblent favoriser la créativité et l’innovation, ainsi que les opportunités économiques, en apportant des solutions respectueuses et adaptées à ces milieux particuliers. »

Complètement dépendantes des hydrocarbures, les Îles-de-la-Madeleine ont enclenché depuis longtemps une réflexion qui fait la part belle à la volonté de s’engager dans la transition énergétique.

« L’expérience des îles du Ponant dans ce domaine nous a grandement inspiré, précise Gilbert Scantland. Aux Îles-de-la-Madeleine, un premier pas vient d’être franchi par le développement d’un projet de parc éolien de 6 MW qui sera couplé à la centrale thermique, réduisant ainsi de plus de 10 % ses émissions de GES. »

La délégation madelinienne est ainsi allée à la rencontre de ses homologues pour échanger sur les expériences et initiatives de chacun. L’île d’Yeu, reconnue Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV) comme toutes les îles du Ponant, met sur pied de nombreux projets de transition : un parc éolien offshore de 62 éoliennes de 8 mégawatts chacune, une flotte grandissante de véhicules électriques et à hydrogène, et le déploiement d’un réseau intelligent. L’île mène également une démarche Territoire zéro déchet. L’île d’Ouessant ainsi que les îles de Sein et Molène se sont engagées quant à elles à devenir 100 % renouvelables d’ici 2030, en priorisant la réduction des besoins d’énergie dans un premier temps (par des mesures d’efficacité énergétique et la mise en place de réseaux intelligents), puis en multipliant les projets d’énergie renouvelable à petite échelle dans un deuxième temps (éoliennes, panneaux solaires et hydrolienne).

 

Formaliser les liens de coopération et les consolider

La mission qui s’est terminée dimanche dernier s’inscrit dans une coopération décentralisée initiée par le RNCREQ et l’AIP intitulée « Les territoires insulaires et isolés engagés dans la transition énergétique et écologique » et soutenue par la Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ). Cette première mission en territoire français a également été rendue possible grâce à la collaboration de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, de la commune (municipalité) de l’Île d’Yeu et du Conseil départemental de la Manche.

« Nous sommes impressionnés par la stratégie énergétique adoptée par Ouessant, et par extension Molène et Sein, a commenté le maire Jonathan Lapierre. La Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine est la première MRC au Québec à s’être dotée d’une stratégie énergétique à l’échelle territoriale. La société d’État Hydro-Québec a récemment annoncé la conversion de ses réseaux autonomes dont celui des Îles-de-la-Madeleine, qui est le plus important en termes de puissance installée et de population desservie. Dans ce contexte, échanger avec des communautés insulaires et isolées qui vivent les mêmes réalités et enjeux que les nôtres, c’est extrêmement important. On a vu dans les îles du Ponant un dynamisme inspirant en matière de transition énergétique. »

Dès l’année prochaine, une délégation française devrait ainsi se rendre à son tour au Québec dans le cadre d’un forum international traitant des enjeux de transition énergétique dans les réseaux autonomes. En effet, le Québec compte 22 réseaux autonomes équipés de centrales thermiques (c’est-à-dire non reliés au réseau principal d’électricité), qui coûtent de plus en plus cher à Hydro-Québec et qui constituent sa principale source d’émissions de GES[1]. La société d’État a d’ailleurs annoncé dans son Plan stratégique 2016-2020 qu’elle souhaite initier d’ici 2020 la conversion de ses centrales thermiques aux énergies vertes et moins coûteuses.

« Le RNCREQ et l’AIP souhaitent donc que la collaboration qui se développe inspire les décideurs québécois à accélérer le déploiement de la transition énergétique et à être ambitieux dans leurs interventions », conclue Denis Bredin, directeur de l’AIP.»

Pour connaître les détails de la mission et la liste des participants, consulter le Cahier du participant sur le site du RNCREQ.

À propos

Ce projet est soutenu financièrement par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et le ministère des Affaires étrangères et du Développement international de la République française (Consulat général de France à Québec) dans le cadre de la 66e session de la Commission permanente de coopération franco-québécoise. L’énergéticien EDF a aussi apporté sa contribution à cette mission de découverte de la transition énergétique des îles du Ponant, une stratégie qu’il accompagne par ses investissements sur les îles non raccordées.

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Renseignements
Vincent Moreau
514-861-7022 poste 23
vincent.moreau@rncreq.org

[1]. Pierre-André Normandin, La Presse. « Hydro met au rancart des centrales hyper-polluantes », le 4 septembre 2016. Consultable en ligne : http://www.lapresse.ca/actualites/201609/03/01-5017093-hydro-met-au-rancart-des-centrales-hyper-polluantes.php